Je n’ai pas un parcours linéaire.

Ni de grands diplômes.

J’ai de l’expérience.

Voici l’une d’elles.

Quand la survie devient une question de pilotage

Redresser une entreprise, ce n’est pas simple.

Mai 2020. Premier jour du confinement. Mon mari tombe malade. Son associé est perdu.

Moi, je suis là à mi-temps. Juste pour régler un sujet juridique et remettre en conformité quelques documents commerciaux. Rien de plus.

Et puis, le comptable m’appelle. Je lui transmettais des pièces pour le bilan.

Sa phrase est tombée, nette : « Au 30 juin, il faudra déposer le bilan. »

Le déficit : 75 918 €.

Je n’ai pas de diplôme de grande école.

J’ai mon expérience, mon intuition, du bon sens… et des cours de DCG que je prépare par correspondance.

À ce moment-là, je comprends une chose : soit on subit, soit on pilote.

J’ai choisi de piloter.

J’ai commencé par les chiffres. Tous. Sans filtres.

Je me suis appuyée sur mes amies avec qui je préparais le DCG. Elles travaillaient en cabinet, avaient un niveau plus avancé en comptabilité. Moi, j’étais plus à l’aise en juridique. On s’entraidait déjà pour les UE. Là, on a fait pareil, mais pour une entreprise en danger.

Très vite, le diagnostic est devenu clair : le problème n’était pas le savoir-faire technique.

C’était l’absence totale de pilotage.

Pour que mon plan tienne, il fallait un pilote identifié. Les associés ont démissionné de la gérance et me l’ont confiée.

C’était le seul moyen de rassurer les partenaires : fournisseurs, banque, interlocuteurs clés.

En parallèle, tout s’est enchaîné, en urgence.

Il a fallu :

  • Proposer des plans de remboursement aux fournisseurs
  • Négocier la livraison du matériel dès la reprise, avec paiement comptant à la livraison
  • Étaler la dette existante, de manière réaliste
  • Formaliser tout cela juridiquement, pour sécuriser tout le monde.

J’ai aussi repris l’administratif de fond en comble. Tout était mélangé : factures, devis, documents, dossiers incomplets.

Archivage, classement, numérisation. Pas glamour. Mais indispensable.

On ne pilote rien dans le flou.

Côté gestion, j’ai pris des décisions difficiles :

  • J’ai confisqué les cartes bancaires. Oui, y compris celles des associés.
  • J’ai supprimé tous les frais non essentiels : missions, réceptions, abonnements.
  • J’ai repris le calcul des marges sur chaque devis.
  • Et j’ai interdit toute remise commerciale sans validation.

On faisait du chiffre. Mais on perdait de la rentabilité. Il a fallu accepter de signer moins, pour signer mieux.

Il a aussi fallu reprendre l’humain.

  • Poser un cadre de travail clair.
  • Gérer des ruptures conventionnelles.
  • Donner des avertissements quand c’était nécessaire.

Parler aux salariés. Leur dire la vérité. Les rassurer non pas avec des mots, mais avec des actions concrètes.

En pleine période COVID, il a fallu s’adapter en permanence

  • Mise en place des règles sanitaires et des EPI spécifiques
  • Réorganisation des plannings pour limiter les temps de route
  • Regroupement des interventions par secteur
  • Gestion active des impayés
  • Arrêt de certains contrats qui faisaient du chiffre, mais pas de marge
  • Suivi des formations obligatoires
  • Développement de nouveaux produits pour rester compétitifs.

Optimiser les outils

J’ai aussi décidé d’utiliser réellement un outil qui était payé… mais sous-exploité : Extrabat.

De simple logiciel de devis et factures, il est devenu un outil de pilotage : planification, organisation de chantier, gestion des stocks.

Résultat :

  • Moins de pertes de temps sur les chantiers
  • Des achats fournisseurs maîtrisés
  • Une vision plus claire de l’activité.

Les conséquences

Cette rigueur n’a pas plu à tout le monde.

Un associé est parti.

Puis certains salariés aussi.

Le message était dur, mais je l’ai assumé.

Je les ai laissés partir avec bienveillance. Leur peur était compréhensible. Penser à sa famille avant tout, c’est humain.

Les comptes, eux, sont repassés au vert.

Mais la suite du COVID nous a rattrapés : pénuries, délais de livraison de plusieurs mois sur les pompes à chaleur

Mon mari n’y croyait plus.

Le dernier technicien est parti à Noël, pour un poste mieux payé.

À ce moment-là, j’ai pris la décision la plus difficile : demander la liquidation de l’entreprise.

Ce que j’en ai tiré n’est pas un échec.

C’est une compétence.

Aujourd’hui, avec Strixia, j’accompagne les dirigeants comme je l’aurais fait pour moi : avec des faits, des chiffres, de la clarté… Et suffisamment d’humanité pour que les décisions restent tenables.

Accompagner vos décisions avec précision et sécurité : parlons de ce que Strixia peut mettre en place pour vous.